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Valérie Flipo

Grand arbre

Je pense donc je suis...une tête et un corps

Je pense donc je suis… une tête et un corps. L'expression « je pense donc je suis », prise à la lettre,  pourrait se traduire par : « Pour être, il faut penser d'abord". Ce qui alimente une forme de dualité entre le mental et le corps. Or, nous sommes faits des deux. Notre équilibre est le fruit d’une conversation réussie entre la « la tête » et le « corps ».


Stress professionnel, interruption de tâches, tensions relationnelles… accélère le bavardage de nos pensées. Et, plus nous sommes bousculés plus le mécanisme s'emballe. Pendant que nos pensées se musclent et s’agitent dans tous les sens, nous n'écoutons plus le corps. Nous nous coupons de la réalité donc du moment présent.  Pourquoi ? Parce que  nous vivons alors dans des représentations, des ruminations qui font échos à d' expériences passées. Des scénarios anciens sont ravivés. "Nous sommes bien dans ce que nous connaissons déjà".  Nos phrases préférées dans ces moments : « c’est toujours pareil… », « je ne vais pas y arriver… »

Le corps, porte d'entrée dans le présent…

Le corps accuse réception de tout ce brouhaha sous la forme d’émotions. Elles s’inscrivent dans le corps. Si nous ne savons pas les entendre, elles parleront de plus en plus fort : de vraies bombes à retardement : douleurs, malaises grandissants.  S'ouvrir au moment présent permet de repérer l’endroit où elles logent dans notre corps. Est-ce qu’elles produisent des tensions, un inconfort ? Dans quelle partie du corps : le ventre, les épaules, la mâchoire ? Les ressentir, les observer donc les reconnaître aide à calmer le jeu. « Se relier à l’instant présent permet d’augmenter notre présence à ce qui est agréable et de répondre avec justesse à ce qui est douloureux », explique Christophe André.


Seul le corps est un capteur du moment présent. Parce qu’il est respiration, parce qu’il porte les cinq sens, parce qu’il est le lien avec la réalité. Ce capteur nourrit nos pensées et nos émotions d’informations nouvelles. Les accueillir avec attention permettra de soigner nos croyances limitantes et nos ruminations.

…Le corps,  notre meilleur allier dans notre communication

Le corps raconte tout ce que nous ne disons pas. Il ne ment pas. Vous y lirez les émotions et les pensées de votre interlocuteur.

Un exemple : ma croyance est que je suis timide et que les autres ne me remarquent pas. J’ai donc peur d’aller vers eux. Pourtant, j’en ai besoin. Le corps va traduire ma peur.  Je ne regarde pas mon interlocuteur, ma tête quand je parle s’incline vers le bas, ma voix se fait fluette comprimée par les tensions de ma gorge. Tout le corps exprime la résistance, la fuite. Mon interlocuteur le sentira. Pensez-vous un instant qu'il aura envie de communiquer ? Inconsciemment, je serai rassurée car cela renforcera ma croyance : « je suis timide ». N’oublions pas qu’une relation avec autrui est impactée à 70% par les signes corporels.

Quand la tête et le corps s’accordent, notre potentiel est décuplé. 

Comment reprendre contact avec le corps et le moment présent ? Exercice matutinal

Petit exercice matutinal pour accueillir le moment présent. Imaginez un instant que lors de votre petit déjeuner vous regardiez votre tartine de miel autrement. Observer sa forme différente chaque matin, l'or qui tapisse la tartine. Attardez-vous sur sa texture crémeuse qui comble les alvéoles de la mie et réjouissez-vous à l’avance du plaisir de vos papilles quand elles presseront ces nids goûteux. Imaginez encore tous les efforts consentis par l'abeille pour vous donner ce nectar. Combien de fleurs butinées ? De kilomètres parcourus ? Avant d’effectuer un geste, visualisez-le. Reconnaissez que cette expérience matutinale a une autre saveur. En faisant ce type d'exercice, vous apprécierez en conscience et respecterez le moment présent donc vous. Vos gestes se feront naturellement calmes et gracieux et la tartine sera mille fois plus goûtée. Plus vous reproduirez des gestes avec attention, plus vous entrerez dans le moment présent sans chercher à tout comprendre. La conscience de soi se muscle exercice après exercice.